Vos témoignages
sur l'annonce du handicap
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Le 22 mars 2004 - Ldidou - Sud de la France

J'ai souhaité qu'il meurt, je souffrais trop...

  David est né au mois de mai, un joli cadeau d'accoucher le jour de la fête des mères. Ma grossesse s'est déroulé merveilleusement bien. Mon accouchement à duré plus d'une vingtaine d'heure mais sous péridural, j'ai terminé au bloc pour une césarienne. Et pour cause 4,680 Kg pour 57 cm.  Minuit passé David est partit à la nursery et après l'avoir embrassé, pendant que le docteur "recousait", j'ai été monté ensuite dans ma chambre.
  Deux jours après, un matin, alors que j'étais seule dans ma chambre sans David et son papa, deux docteurs sont entrés dans ma chambre le visage grave. Ils m'ont annoncé froidement qu'il suspectait une trisomie 21 mais devait faire des tests. Puis ils ont tourné les talons, et je me suis effondrée, j'ai pleuré pendant des jours entiers sans m'arrêter. Je me souvient me dire "pourquoi ça m'arrive à moi", "comment vais-je m'en sortir" "comment sera son avenir" tant de questions se bousculaient dans ma tête, et aucune réponse.
  C'est mon premier enfant et je me faisait une telle joie qu'il ressemble à son père. J'ai annoncé la nouvelle à son père (qui m'a dit bien plus tard qu'il s'en doutait) et nous sommes montés voir David à la nursery. Dans l'ascenseur je revois encore le papa de David se tapant la tête sur les parois de l'ascenseur, mais il ne pleurait pas (je sais le connaissant qu'il a dû pleurer plusieurs fois seul à la maison pendant que je me trouvais encore à la clinique). David dormait dans une couveuse, en le voyant je ne contrôlais encore moins mes pleurs.
  Tellement en larmes, j'ai demandé à mon gynéco-accoucheur de rentrer chez moi plus tôt, je lui disais ne plus supporter d'être là, que j'avais besoin de rentrer chez moi, il a accepté. La sage femme qui passait par là qui m'avait fait suivre les cours d'accouchements en me voyant dans cette état ne m'a rien dit du tout et est repartit comme si de rien n'était.
  Je me souviens aussi à la sortie de l'hôpital, me voyant en pleurs et portant mon bébé, je sentais le regard des gens sur moi et ils se disaient sûrement "oh la pauvre", ou "pourvu qu'il ne m'arrive pas la même chose qu'elle". J'avais envie de me terrer sous terre.
  Rentrée à la maison, je me suis construit un mur que personne, même pas ma famille, ne pouvait franchir. A chaque fois qu'ils appelaient pour me parler, c'était le père de David qui répondait. Je n'aurai pas supporter les phrases du genre "on est là", "on comprend" ou pire "c'est pas grave". Personne ne peut comprendre cette douleur sans être passé par là. Je me souviens même avoir souhaité que David meurt, je souffrais trop, j'avais l'impression  que je sombrais dans un gouffre de douleur sans fond. (Après j'ai su que cela faisait partit du processus du deuil de l'enfant parfait imaginé pendant la grossesse).
  David, alors âgé d'une semaine, ne mangeait plus. Direction hôpital, qui ont diagnostiqué la maladie de Hirshprung (c'est un manque de nerf qui sert normalement à expulser les selles). Il est resté à l'hôpital Necker (à Paris, ou j'habitais avant) pour se faire opérer à trois semaine. L'opération s'est bien passée et il est ressortit à 1 mois.
  Depuis il va très bien, il profite du soleil du Sud de la France depuis ces 1 mois, et maintenant il arrive sur ces quatre ans. C'est le rayon de soleil de ma vie et je ne pourrais plus vivre sans lui. Je regrette tellement d'avoir voulu, ne serait-ce que quelques jours, sa propre mort, je me déteste pour ça... Car David est très vif, il est intelligent, adorable avec tout le monde, et va même allez à la maternelle l'année prochaine.
  Si j'écris ici mon témoignage, c'est pour dire à toutes les mères qui ont, ou auront un enfant trisomique, que vous tomberez sous le charme de la "trisomania", et surtout de ne jamais écoutez les médecins qui vous diront toujours le pire sur leur enfant (moi ont m'avait dit "il tètera difficilement", il a toujours mangé très bien, "il sera mou" il a toujours été très tonique, etc.) Mon garçon est le plus câlin de tout les enfants que je connais, et je dis que toutes les personnes qui n'ont pas un enfant trisomique, passe vraiment à côté de quelque chose.
  Merci de m'avoir accorder un peu de votre temps à me lire.


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