Vos témoignages
sur l'annonce du handicap
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Le 22 septembre 2001 - Nathalie - (Belgique)

Je l'aime et l'accepte comme il est venu.

Non, je n'ai pas pratiqué d'amniocentèse, trop de risques de fausse couche. Pourtant, au fond de moi-même je savais que le bébé que je portais serait différent. Combien de fois n'ai-je pas demandé à la gynéco et à l'échographiste : y-a t'il des signes de trisomie ? Non, non. Mais mon sentiment était plus fort que tout.
La gynéco agacée par mes questions m'a provoquée en me disant : "voulez-vous qu'on l'étouffe avec un coussin s'il est trisomique ?". J'ai failli tomber de ma chaise, mais c'est elle qui avait raison. Non, bien sûr que non. La triple prise de sang a révélé un résultat de 7 sur 3007. Tom est un des 7. Les super échographies en 3 dimensions n'ont pas détecté la trisomie 21. Il est passé au travers de tous les pièges. Tout ce que je sais, c'est que l'amniocentèse est un moyen de détection de la trisomie 21, 15, 18 et en mosaïque, mais j'ai aussi entendu des rumeurs disant que les résultats n'étaient pas toujours fiables. Si cela peut vous faire du bien de savoir, voyez avec votre gynécologue, si la relation est très ouverte et non influençable.

Ce que je vais vous révéler ici est assez personnel, mais pas confidentiel. J'ai su la trisomie 21 de Tom 29 minutes après l'accouchement car j'ai posé la question à la gynéco et au pédiatre. Je n'en démordais pas. Là, le monde s'arrête, tout se fige, c'est La PANIQUE, les pourquois, le faciès du mongol apparaissait devant moi, et les qu'est-ce que c'est que finalement cette trisomie ?. Le soir même, mon frère et ma mère sont venus dans ma chambre après avoir été voir Tom en néonatale. Mon frère est entré dans la chambre comme un furibond et m'a lancé sans prendre de gants : "qu'est-ce que tu fous ici, monte voir ton fils, il a besoin de toi", "Il a le hoquet, nous lui avons souhaité la bienvenue parmi nous". Personne n'avait osé s'avancer à ce point, mais il m'a dit ce que je voulais entendre. Je voulais qu'on approuve quelque part le choix que j'avais déjà fait de vivre avec mon bébé, mon enfant, mon adolescent, mon adulte ...

Les autres se sont contentés, après s'être concertés, de me dire "Rien". Ils me regardaient, me demandaient comment j'allais, me disait que quelque soit mon choix, ils seraient toujours à mes côtés (la bonne blague). C'est toute seule, m'isolant du monde entier et avec Tom près de moi et avec moi, que nous avons décidé de rester ensemble.

Où en êtes-vous dans votre cheminement ? Vous n'êtes nullement obligé de me répondre car c'est votre choix ... Écoutez votre for intérieur, demandez-vous si vous pourrez vous occuper d'un enfant qui ne demande qu'une place parmi nous et si vous êtes prêt à l'accompagner un bon bout de chemin. Il y a une chose dont je puis vous assurer, c'est qu'à moins d'être "inhumain", "insensible" ou "dégoûté par la différence" ... votre enfant vous rendra au quintuple l'amour et l'affection que vous lui donnerez et vous prouvera sa volonté d'apprendre et de vivre. Tout n'est pas rose, comme pour tout dans la vie, c'est juste un peu différent des autres tracas assez habituels.
Renseignez-vous !!! C'est juste l'avis d'une maman qui ne regrette nullement la trisomie de son enfant et qui l'aime et l'accepte comme il est venu.


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